À chaque génération, l’héritage du passé se marie à l’expérience contemporaine pour renouveler la vie.
Petit-fils d’un artiste qui a marqué son époque, Benoit Ladouceur reprend le flambeau familial pour exercer son talent dans un univers technologique qui n’existait pas à sa naissance à la fin des années 70. Habile à manier le crayon, comme ceux qui l’ont précédé, il exerce son métier de créateur dans un univers virtuel que lui et ceux de sa génération inventent au gré des percées technologiques.
Baigné dès son tout jeune âge dans l’univers de la création, il se souvient de nuits passées au coeur d’immenses studios lové dans un lit improvisé pendant que ses parents retouchent un décor livré à l’aube. Bercé de couleurs, de dessins, d’aquarelle, il s’imprègne d’une sensibilité au langage visuel qui le démarque de ses copains d’école. Pendant que les uns apprennent à se fondre dans les conventions, lui apprend à être autonome et à développer une pensée originale. Il absorbe la responsabilité d’être artiste.
Dans l’enseignement primaire ou secondaire, la formation artistique est très peu favorisée. Aussi, l’influence du milieu familial est-elle prépondérante dans ces années charnières. Au niveau collégial, l’offre est à peine plus diversifiée. Benoit s’inscrit au programme en Arts plastiques au Cegep de Longueuil où il découvre le plaisir d’esquisser. Ses cahiers de croquis témoignent d’une évolution fulgurante.
Il postule pour être admis au Centre national d’animation et de design (NAD), une école exclusive dont le programme en technologies d’animation numérique est à l’avant-garde de la révolution électronique qui balaie la production cinématographique et accouche de l’industrie du jeu vidéo. Il y gradue après un programme accéléré, muni d’une solide formation technique. Parallèlement à cette formation, il accumule une expérience professionnelle importante en conception graphique, illustration et autres aspects de la conception visuelle imprimée à l’emploi de Ardecom inc.
Il complète sa formation académique à l’université Concordia. Dès son entrevue d’acceptation, son expérience transparaît. Il franchit avec facilité le curriculum exigé et partage avec ses confrères et consoeurs ses connaissances techniques. Au troisième semestre, on lui confie un rôle d’assistant-professeur. À sa graduation à 24 ans, il fait le bilan de sa jeune carrière et réalise qu’il possède déjà 10 ans d’expérience professionnelle pertinente.
Dans l’industrie de la vidéo et du jeu numérique, il a travaillé pour plusieurs noms connus dont Buzz-FX, Media Principia et Cinégroupe. De plus, il a créé sa propre entreprise les Productions du chien jaune en 1998 par laquelle il exécute divers mandats internationaux.
Aujourd’hui, il consacre le plus clair de son temps à Ubisoft chez qui il a été recruté en 2005. Il a d’abord démontré l’utilité et l’importance des décors et arrière-plans peints dans le développement de nouveaux jeux-vidéos. Depuis, sa polyvalence lui a permis de participer à plusieurs projets. En plus de sa spécialité de matte painter, on le consulte comme illustrateur et idéateur. Autour de lui s’est constituée une petite équipes de peintres virtuels dont les images transportent dans des mondes magiques du jeu.
À sa connaissance de la mécanique technique de l’univers virtuel, il sait allier le talent de l’artiste qui devine par intuition diffuse où placer le coup de pinceau qui dit tout. Son instrument ne ressemble en rien aux outils rangés dans l’atelier de son grand-père, mais la sensibilité reste la même et les connaissances auxquelles il doit référer se sont transmises par le milieu propice d’où il est issu ou peut-être, par son ADN.